Le feu intérieur de Miró au Grand Palais pourrait bien être contagieux

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On ne sait pas toujours quoi faire le dimanche après-midi, le Louvre c’est trop grand, l’Orangerie trop petit, et puis de toute façon on a déjà plus ou moins tout vu. Si vous avez envie de pureté il y a Giacometti, si vous avez envie de couleur, ne ratez pas au Grand Palais l’exposition consacrée à Joan Miró. Après Artistes et Robots puis Kupka, nous vous présentons le peintre espagnol qui se définissait lui-même comme un « catalan international ». Et, si vous souhaitez prolonger le plaisir, n’oubliez pas que sous ses colonnes, le grand palais abrite un des plus beaux bars de Paris.

Un parcours d’abord Surréaliste

 

L’exposition présente les œuvres de cet artiste majeur du XXèmesiècle par ordre chronologique, montrant son cheminement intérieur, qu’il reflète dans ses créations.

 

Catalan, attaché à sa terre et à la terre en général, la matière a une place importante dans les créations de ce révolté.

 

canaval arlequin joan miro

 

 

Via Picasso, de 10 ans son ainé, espagnol comme lui et qui le prend sous son aile, il rencontre André Breton et Louis Aragon et devient un des principaux représentants du surréalisme en peinture. Il puise dans ce courant la recherche d’un nouveau langage pictural grâce à l’inconscient et l’onirisme.

 

 

 

 

« Miró franchit d’un bond les derniers barrages qui pouvaient encore faire obstacle à la totale spontanéité de l’expression », André Breton.

Peinture-poeme-Joan-Miro

 

 

Puis il y a la rencontre des poètes comme Paul Éluard et Robert Desnos dans les années 20 qui cherchent de nouvelles formes d’expression poétiques. Ils le conduisent à la production de poèmes tableaux mêlant les mots et les couleurs, toujours à la recherche d’un langage qui lui permette de sortir de lui-même.

Un artiste toujours dans son époque

 

Puis le Diktat de Breton associé à son désir « d’assassiner la peinture académique » l’éloignent progressivement des surréalistes. Les années qui précèdent le fascisme en Europe font naître chez Miró des angoisses qui transparaissent dans ses toiles.

 

« Je savais qu’une catastrophe était en train de se produire, mais je ne savais pas quoi », Joan Miró.

 

el segador joan miro

 

 

 

En 1937, réfugié à Paris il signe une œuvre monumentale—El Segador—pour le pavillon de la république espagnole lors de l’exposition universelle. Elle fait face au Guernica de Picasso. L’œuvre sera perdue et brouillera ainsi l’image et l’engagement réel de Miró contre le franquisme, à la différence de son ami Pablo.

 

 

 

 

 

 

Constellations joan miro

 

 

 

 

 

La guerre gagne la France, les toiles et la peinture manquent et il réalise en Normandie sur de simples feuilles de papier, à la gouache les envoutantes Constellations.

Barcelona lithographie joan Miro

 

 

Vers 1943, Miró peint la série de lithographies Barcelone en Noir et blanc où il dénonce les violences subies par son pays. Inspiré par Ubu Roi d’Alfred Jarry, ces peintures montrent les exactions du régime, d’une charge antifranquiste. Pourtant il vit la période la plus difficile de sa vie personnelle, réfugié à Palma de Majorque, il est attaqué par les artistes et les intellectuels qui ont choisi l’exil. Dans le même temps, d’abord aux États-Unis puis dans le monde, il commence à être reconnu comme une figure majeure de l’art moderne.

bleu-II Joan Miro

 

Viendront ensuite les grands formats—pour renforcer le dépouillement—tel que le triptyque Bleu I, Bleu II, Bleu III. Comme Calder, dont les mobiles paraissent enfantins il cherche à susciter l’émotion de l’invention. Aussi proches amis que sont proches leurs travaux, leurs œuvres sont souvent mal interprétées, vue comme simplement consensuelles et enfantines. Ses commentaires le blesseront toute sa vie, et contribueront peut-être à entretenir le feu intérieur, la révolte qui l’anima toujours sous ses dehors lisse et bourgeois en apparence.

Informations pratiques

 

Miro Bleu I, Bleu II, Bleu III Grand Palais

 

 

 

 

 

Du 21 Mars au 30 Juillet 2018.

 

HORAIRES

Dimanche, lundi, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 20h.

Mercredi de 10h à 22h.

Fermeture hebdomadaire le mardi

 

S’Y RENDRE

 

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

 

Métro

1/9 Franklin D. Roosevelt

1/13 Champs-Élysées – Clémenceau

RER C : Invalides

 

 

Stationnement

Parkings disponibles :

Rond-point des Champs-Élysées

Place de la Concorde

Parc François-1er

Alma Georges-V

Champs-Élysées Lincoln

Matignon

 

TARIFS

 

Billetterie en ligne

 

Entrée Exposition

Plein tarif : 15 €
Tarif réduit : 11 €

 

Pour approfondir, ou avant votre visite, le reportage d’Arte : Joan Miró, le feu intérieur :

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