Et si vous ne deviez voir qu’un seul film italien ? Amarcord de Frederico Fellini

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Choisir un seul film italien, parmi les chefs d’œuvre que l’Italie a produit, est purement arbitraire et subjectif.  Tout comme l’était notre Top 10 des meilleurs films de l’histoire du cinéma, où nous citions justement Amarcord. Mais s’il est des caractéristiques de l’art cinématographique c’est de pouvoir, en un film, en 120 minutes, par la métaphore raconte une vie, parfois même la vie.

La vérité de Titta-Frederico

 

Il est crucial de comprendre que le film n’est pas un cartoon ou une comédie, c’est le regard amusé que porte le personnage principal—Titta—Bruno Zanin—sur le village où il a grandi. Et si tout semble tiré d’un conte de fées les personnages n’en sont pas moins pleins de vérité. A l’opposé du néoréalisme, Fellini propose comme toujours un cinéma de cirque et de fête en apparence, mais dont les émotions sont vraies, et les situations universelles.

Le fascisme ou la politique

 

frenetico fellini amarcord manifestation fasciste

 

Bien qu’Amarcord soit le film le plus politique de Fellini, il n’utilise le fascisme que comme toile de fond. Le contexte dans lequel il a grandi, comme l’auraient été les années de plomb s’il avait grandi dans les années 70. Consciemment ou pas, il remet la politique à sa place : le décours de la vie, car la vie est ailleurs. Les idéaux sont peut-être éternels mais les idées ont une date de péremption.

 

 

Mais quand « 99 % des habitants sont inscrits au Parti », quand une idée tue la liberté en réprouvant les autres idées, même la musique est suspecte et tout comportement « déviant » est sanctionné avec violence. Avec ironie et humour, le réalisateur italien nous montre le danger de succomber à une idée en la prenant pour une vérité absolue.

La fête du village où l’occupation de l’espace public

 

La fête du village, le village, ne sont pas les souvenirs de Fellini mais la métaphore involontaire de tout village, de tout lieu de vie en commun. Le plaisir que prennent les habitants à occuper l’espace public ensemble, que ce soit comme ici, à l’occasion d’un grand feu de village célébrant le printemps ou, de la fête de la musique à Paris ou dans n’importe quelle ville de province, est le même. Le plaisir que prennent des gens différents, qui ne se croisent pas dans leurs vies cloisonnées, à se rencontrer, est le même. Puisqu’enfin, ils n’ont pas d’autres choix que de vivre ensemble.

La jolie fille du coin ou la princesse locale

 

frederico amarcord la gradisca magali noël

La GradiscaMagali Noël—ainsi que la surnomme la population n’est déjà plus la belle fille du village mais une belle femme. Elle est pourtant la coqueluche de la ville, c’est à elle que revient l’insigne honneur d’allumer le feu de la fête du printemps.

Quand elle passe dans les rues de la ville elle capture l’attention et les attentions de la gente masculine mais elle rêve d’autre chose, de grandeur, d’ailleurs. D’un ailleurs qui lui ressemble. Mais alors elle ne serait plus la jolie fille du coin mais, juste une jolie fille comme les autres.

Les cours de Grec ancien ou les farces d’écoliers

 

Le cancre, les pitreries et la camaraderie n’en sont pas moins des thèmes universels. Truffaut, quinze auparavant avait traité le sujet dans Les Quatre Cents coups, avec pour toile de fond le Paris de la fin des années 50.

Les personnages ont autant de caractère, et sont également considérés comme caricaturaux ou clownesques, et pourtant c’est ce qui les rend vivants. Les gens normaux sont finalement assez rares.

 

frederico fellini amarcord buraliste

Les élèves de Fellini comme le petit Doinel ne montrent aucun intérêt pour l’école, trop occupés qu’ils sont à faire toutes sortes de plaisanteries.

Ils ont déjà l’esprit ailleurs, dehors, là où il y a des femmes, la seule chose qui les intéresse. Qu’il s’agisse de la buraliste à la poitrine imposante, des jeunes filles sages ou même de la statue féminine du village.

Distribution

 

Amarcord Frederico Fellini

Bruno Zanin : Titta

Pupella Maggio : Miranda, mère de Titta

Armando Brancia : Aurelio, père de Titta

Stefano Proietti : Oliva, frère de Titta

Giuseppe Ianigro : le grand-père de Titta

Nando Orfei : « Il Pataca », l’oncle de Titta

Ciccio Ingrassia : Teo, l’oncle « fou » de Titta

Carla Mora : Gina, la domestique

Magali Noël : « La Gradisca »

Alvaro Vitali : Beppo

Maria Antonietta Beluzzi : la buraliste

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